Journal de bord de Nemo de Marine - 1

En route vers Saint Martin, avril 2019

Journey 2019

Vendredi 19 avril, J-1, le plan de route est établi (voir photo copyright Patuelli).
Les préparatifs et les vérifications de sécurités sont faits. Il ne reste plus qu'à lancer la machine...
Renée profite de cette journée pour faire son transfert Boulot -> Vacances.

Journey 2019

Samedi 20 avril, le Jour J, bon, d'accord ce sont les vacances mais il faut quand même se lever pour larguer les amarres.
Pour cette première étape de reprise en main nous quittons la marina un peu avant 8h00 pour nous rendre à Marie Galante. Quelques amis de ponton sont déjà partis pour ce week-end de quatre jours.
Il y encore beaucoup de sargasses sur la mer mais nous décidons tout de même de lancer une traîne courte avec une pieuvre. Nous déroulons juste une cinquantaine de mètres pour pouvoir décrocher les algues par des mouvements secs de va et vient.

Journey 2019

En fin de matinée Christian remarque que la ligne tire. Nous avons pris un poisson. Nous avancons à 6 noeuds. La prise ne résiste pas trop, sûrement fatiguée, mais à proximité de la jupe arrière elle commence à se battre et à montrer ses crocs.
Pas de chance nous avons pris un barracuda becune de 80cm. Ces poissons, surtout les adultes, sont porteurs de la ciguatera et les toxines peuvent provoquer de graves intoxications.
Il sera donc rejeté à la mer.
A 12h30 nous arrivons devant le plage de Folle Anse. C'est le week-end Pascal. En cette période en Guadeloupe, par tradition, les plages sont occupées par de nombreux campeurs. Nous espérons toutefois passer une nuit tranquille sans trop de sono.

Dimanche 21 avril, après une nuit rouleuse nous allons mouiller devant le bourg de Saint Louis. La réparation d'une petite fuite de l'annexe a été la grande occupation du jour. Le soir apéro sur Cyane avec d'autres amis voileux.

traîne

Lundi 22 avril, petit bricolage et matelotage.
Confection d'une nouvelle ligne de traîne, un petit poisson (merci Joëlle) est ajouté derrière la petite pieuvre. Les poissons ne sont ni végans ni partageurs. L'idée est de pousser un petit carnassier à voler la pieuvre que poursuit le petit poisson, ou... à manger le petit poisson.
La ligne est plombée pour éviter d'accrocher les sargasses qui flottent en surface. L'objectif est d'appâter une dorade ou une bonite. Un tendeur donne de la flexibilité à la ligne et permet de ferrer le poisson.
En cette fin de week-end Pascal les travailleurs qui doivent reprendre le boulot mardi s'affairent et le mouillage se vide peu à peu. De nombreux voiliers retournent à Pointe à Pitre.

Journey 2019

Mardi 23 avril, petit tour d'horizon à 6h30 pour voir la situation générale. Une petite bruine s'est intallée dans la nuit, le ciel est gris et les nuages qui s'annoncent ne présagent rien de bon ! Le départ pour les Saintes est repoussé à demain.
Equipés de nos Kways nous faisons un aller-retour à terre pour acheter du pain. Nous mettons en place la bâche sur la bôme ce qui nous permet de profiter du cockpit et de ne pas rester enfermés dans le bateau. Renée profite des averses pour remplir les seaux d'eau douce pour la lessive.
Pour le repas du soir et pour se réchauffer la question ne se pose même pas, nous avons déjà mis les chaussetttes, aussi une soupe de légumes pain beurre fera l'affaire.

Les Saintes

Mercredi 24 avril, la météo est plus clémente, quelques nuages épars mais dans le ciel le bleu domine. Nous quittons le mouillage de Saint Louis sur une mer d'huile. C'est la pétole, pas un poil devant (pour ceux qui connaissent l'histoire). Après 3h30 de moteur nous prenons une bouée dans la baie des Saintes, devant les maisons colorées du bourg de Terre de Haut.
Nous consultons la météo et les fichiers grib pour estimer la meilleure option de départ de la Guadeloupe vers Saint Barthelemy. Les alizés devraient être plus vaillants à partir de samedi prochain. Nous décidons donc de rester deux jours aux Saintes.

Jeudi / vendredi 26 avril, la Guadeloupe passe en vigilance "jaune" pour forte pluie. Une chape de nuages stationne sur la région en raison de l'absence de vent. Nous patientons donc aux Saintes.

Samedi 27 avril, la chape de nuages est toujours là. Toutefois, comme disent les voileux Bretons:

" à trop regarder la météo,
le marin reste au bistrot"

Pour avancer dans notre trip, nous larguons donc les amarres pour remonter la côte sous le vent... sans vent, et quelle chance, sans pluie.
La veille, le questeur de la LSMS qui est venu encaisser les 10€ pour la bouée nous a dit: après tout ce n'est que de l'eau !
Le mouillage à Malendure, notre point de départ pour Saint Martin, se révèle rouleur, pas de tirage au sort pour la vaisselle... .

Route

Dimanche 28 avril avril, la matinée est consacrée aux derniers préparatifs : vérification des équipements de sécurités, gilets, harnais..., cuisson des pâtes pour les collations de la journée et de la nuit. La méteo et les vents sont favorables (voir capture d'image). En quittant Malendure vers 10h du matin nous estimons arriver à Saint Barthelemy, 120 MN, entre 6h et 10h lundi matin.

Nuit du dimanche au lundi 29 avril, le vent annoncé pour 15 noeuds souffle à 28 noeuds, nous en profitons pour avancer. En soirée nous réduisons un peu les voiles pour naviguer plus confortablement. Les fronts nuageux nous laissent tranquille et défilent devant nous, pas de pluie, c'est du bonheur.

Route

Vers une heure du matin nous nous battons avec le pilote automatique qui veut incompréhensivement nous faire faire demi-tour. Aprés recherche, il s'avère qu'un des hauts-parleurs de l'auto-radio a glissé au-dessus du placard qui contient la boussole. L'aimant du haut-parleur désoriente la boussole qui envoie donc au pilote un cap erroné. Les réglages sont repris et le reste de la navigation se passe bien.
Un quartier de lune se lève à 3h du matin. A 5h le jour se lève et nous arrivons devant le port de Gustavia à 6h30. Le mouillage est terminé à 7h, puis, tout le monde rejoint sa couchette.

St Martin

Mardi 30 avril, pas de selfie devant la tombe de Johnny, nous repartons pour Saint Martin à 25 milles. Nous passons non loin de la réserve naturelle de l'île Fourchue puis des roches de Mancel, la Poule et les Poussins. Nous longeons vent arrière la partie Hollandaise de Saint Martin "Sint Maarten".
Une fois l'ancre jetée à Marigot nous faisons un saut à terre. Dans la marina de Port la Royale il y a encore de nombreuses épaves coulées ou échouées, c'est bouleversant. Le nombre de voiliers démâtés est impressionnant.

St Martin

Les dégâts du cyclone Irma sont encore visibles. Certaines maisons n'ont toujours pas de toit.

Mercredi 1 mai, baie de Marigot, ce jour férié est consacré au ménage et au petit bricolage. A terre tout est fermé.
Le feu de navigation à la proue, pourtant vérifié avant le départ, s'est mis à clignoter. L'ampoule à led défectueuse est remplacée par une ampoule standard en attendant le prochain passage chez un shipchandler.

St Martin

Jeudi 2 mai, le mouillage est rendu désagréable par un vent qui souffle sans interruption depuis notre arrivée. Nous décidons de passer le week-end à Grand Case en espérant être mieux protégés.
Dans la nuit le White Pearl, le plus grand voilier du monde, est venu mouiller dans la baie.
Nous profitons de la journée pour jouer aux terriens mais la terre bouge aussi. Nous passons chez le ship du coin "l'île marine" pour acheter quelques bricoles et faire remplir notre bouteille de gaz (fait dans la journée).

St Martin

A la pompe à carburant, après avoir déclaré à l'employé "être venu par la mer" j'obtiens le droit d'acheter le gasoil au prix de 0,95 cts euros ou dollars US le litre (coût 1€ pour 1$).
Après une balade en ville de long en large afin de trouver (en vain) une liseuse, nous nous arrêtons dans un petit restaurant parmi les quelques survivants de la marina de Port la Royale. Nous pensions faire nous courses au "simply" qui avait parfois des produits frais arrivés par avion mais le bâtiment qui abritait le magasin a été gravement endommagé et est à l'abandon. Nous faisons donc un ravitaillement à minima dans une boutique chinoise. Nous repassons ensuite chez le ship pour récupérer notre bouteille de gaz et faire notre clearance de sortie, prévue lundi, pour les BVI.
L'entrée nous a couté 15€ à l'office du port de Saint Louis, ici, c'est gratuit.

St Martin

Vendredi 3 mai, nous nous déplaçons vers Grand Case. Le vent souffle toujours autant mais dans la baie la mer est moins agitée. Devant le bourg, bonne surprise, un ponton en bon état permet d'amarrer les annexes. Le village a bien entamé sa reconstruction A la laverie automatique les machines attendent le feu vert de EDF pour redémarrer. Certains restaurants ont repris leur activité et les deux lolos traditionnels sont bien en place. Dans les deux "super marchés" chinois, pas de viande ou de poisson frais, rien que du congelé et des produits d'exportation américaine ou anglaise : bacon, cheddar, saucisses de dinde, chicken et jambon à l'eau... nous trouvons tout de même quelques pavés de poisson, et un BBQ repas sur place ou à emporter.

St Martin

Samedi 4 mai, nous descendons à terre pour nous dégourdir les jambes. Nous laissons l'annexe au ponton puis nous marchons le long de la belle plage de sable blanc de Grand Case. La fumée des grillades nous attire mais ce sera pour demain dimanche car nous avons prévu d'acheter des cuisses de poulet ou des ribs avant de partir. Nous profitons de la tranquillité du mouillage soudain déserté par les catamarans de location qui regagnent la base à Marigot. Un peu moins de vent et plus de soleil ce serait parfait.

tangon

Dimanche 5 mai, repas à Grand Case dans un des deux restaurants créoles au bord de la plage. L'ambiance est conviviale. Nous grignotons nos ribs et cuisses de poulet cuits au barbecue.
L'après-midi est consacrée, après la sieste, à la révision du montage du tangon. Comme il n'y a pas de pontet sur le tube les attaches pour le hale haut et hale bas sont faites avec un système de bouts. Le hale haut est installé dans le mât et revient au cockpit, le hale bas passe par une poulie fixée sur sur le pont. Nous l'avons déjà utilisé de la sorte vent arrière. Cela évite les battements du génois et ménage le gréement.

tangon

Lundi 6 mai, comme nous avons retardé notre départ d'une journée nous nous rendons jusqu'au super U de Marigot. A Grand Case il n'y a que de petites boutiques peu approvisionnées. Après avoir déposé ses autres clients le chauffeur du mini-bus décide de nous amener à notre destination finale à Sandy Ground. En chemin nous échangeons sur le retour des gens à Saint Martin. Il nous dit que la plupart sont revenus. Il fait partie des personnes qui ont été évacuées après le cyclone Irma, pour raison de santé. Il garde un très bon souvenir de la ville du Moule où il a été hébergé gratuitement par la mairie avant de pouvoir revenir à Saint Martin. Nous lui racontons qu'à une centaine de mètres de son bungalow, nous étions dans notre appartement du Moule lors du passage du deuxième cyclone Maria qui n'a pas fait de gros dégât en Guadeloupe. Après les courses nous retournons à Grand Case en bus collectif. Les passagers parlent autant en français qu'en anglais, bientôt, pour nous, ce ne sera plus que de l'anglais. Nous retrouvons le beau mouillage de Grand Case. Il est temps de préparer le voilier pour un départ nocturne vers Virgin Gorda au nord des BVI.

 


La suite...